Appel à communication

Appel à communication

 
Merci d’envoyer une proposition (papier court) de 3 pages pour le 15 juillet 2017.
Les auteurs des meilleures propositions seront invités, après la conférence, à soumettre leur contribution complète pour publication dans la Revue Internationale de Projectique publiée par De Boeck. Les papiers courts format word sont à adresser directement à v.pilniere@estia.fr – copie à m.larronde@estia.fr 
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Nous avons conscience de la difficulté d’anticiper l’avenir de nos sociétés humaines, tant la scène internationale, terrain de « jeu » de l’humanité, est insaisissable… Nous avons la conscience aigüe qu’un cycle mondial se termine dans une crise généralisée, avec un repliement des grandes envolées de la mondialisation, des économies et des sociétés, avec des populistes qui prennent le pouvoir ici et là et qui risquent d’enflammer la planète par des conflits (certainement armés) de grande ampleur, ré-impactant de façon drastique sur cette phase de cycle de contraction… Mettant de la sorte définitivement en déclin nos modèles dominants de développement des trente dernières années (modèles libéraux puis néo-libéraux) fondamentalement issus du monde occidental (de la « science » occidentale, cf. ci-dessous), mais ayant (encore !) la capacité de se répandre comme s’ils incarnaient LA vérité. Non, ils n’ont pas la vérité, ils sont même probablement bien impliqués dans les impasses dans lesquelles l’humanité est enfermée aujourd’hui.
Il faut inventer autre chose et de façon urgente ! Trouver à notre (petit) niveau, des moyens, des chemins, pour sortir de cette gangue dans laquelle nous sommes englués. Ceci suppose de nous intéresser, encore une fois à notre (petit) niveau, à augmenter très significativement le niveau d’autonomie de nos territoires (sur certains domaines [type souveraineté alimentaire, énergétique…] plus que sur d’autres évidemment) en nous inspirant de ce qui se fait ailleurs et en espérant de notre côté faire exemple. De ce point de vue, essayons d’œuvrer à ce que la prochaine mondialisation soit celle des idées et des expériences positives en termes de développement soutenable et respectueux des territoires, des communautés qui les peuplent et de leurs cultures.
Nous avons bien conscience aussi de la complexité qui est consubstantielle à ces questions. Réfléchir à demain demande certainement de recomposer nos outils sociocognitifs de compréhension et d’anticipation du monde et d’inventer des modes où on réfléchit à demain en essayant en même temps de commencer à le construire… Du moins de produire un bout du chemin sensé nous y conduire. Ces outils ne sont pas tous aujourd’hui « sur étagère », loin s’en faut ! Il faut les forger… C’est une partie de la tâche que notre mouvance ‘Projectique’ se propose de prendre en charge.
Pour cela depuis bon nombre d’années, nous mettons au centre de nos approches la pensée complexe (au sens d’Edgar Morin), entendue comme l’humilité nécessaire devant la complexité du monde, devant la conviction que c’est en avançant et dans une dialogie constante entre action et réflexion que l’on pourra progresser intelligemment sur ce chemin. Nous mettons également en avant la nécessité de forger et de partager des outils sociocognitifs nouveaux pour avancer dans notre compréhension du monde, de ses dynamiques et de ce que nous pouvons y faire d’intelligent (« l’intelligence collective !) pour le laisser dans un état vivable aux générations futures. Nous entendons également la pensée complexe comme la conscience du statut épistémologique des connaissances que nous forgeons, qui sont toujours entachées de nos cadres épistémologiques, de nos convictions, de nos façons d’envisager les choses et de nos façons d’agir collectivement. C’est inévitable ! Mais soyons-en au moins conscients et continuellement prêts à remettre en question les choses que nous faisons et la façon dont nous pensons.
A minima, et au moins pour les champs scientifiques sur lesquels nous fonctionnons, ces connaissances devraient être co-élaborées par des profils distincts, d’une part en pratiquant systématiquement la transdisciplinarité, mais en considérant celle-ci comme devant faire toute leur part aux savoirs venant du « faire », de « l’action », voire aux savoirs des « anciens » (une mise au cœur de nos préoccupations du lien aux cultures anciennes et des approches transgénérationnelles nous semble également prioritaire), et pas seulement des professionnels de l’élaboration des savoirs « scientifiquement labellisés ». Ces savoirs-là, bien sûr, ont une valeur, c’est indubitable, mais ils ne valent pas plus que ça (!) Notamment en termes de coloration idéologique des recherches menées et des résultats produits. Cette ‘coloration’ est très souvent occultée, voire ignorée par les chercheurs eux-mêmes, qui fonctionnent souvent dans des champs d’investigation hyperspécialisés et avec des postures acritiques par rapport aux présupposés idéologiques qui sous-tendent leurs postures et leurs travaux, mais elle ressort vite comme difficulté en termes d’applicabilité et d’impact ‘pervers’ (non anticipés) des applications intentées. Cela signifie aussi que des approches trop partielles, qui n’écoutent pas, ne ‘relient’ pas et ne sollicitent pas les avis et les apports de ceux qui savent par l’expérience, à supposer qu’elles soient menées avec l’honnêteté qui devrait seoir aux travaux de ce type (ce qjui est à vérifier dans un nombre incalulable de cas !), pêchent aussi finalement et quasi-inévitablement en termes d’applicabilité.
Notre conviction est aussi qu’une partie significative (mais surtout non exclusive, car on peut, on doit garder une part pour des réflexions théoriques, épistémologiques et méthodologiques dans nos travaux) des travaux de recherche menés dans la mouvance « Projectique » doit être appliquée, ressortissant notamment de la recherche-action (sous forme de travail main dans la main avec ceux qui « font ») et débouchant sur des applications de divers types.
De ce point de vue, et en continuité des réflexions ci-dessus, il y a une « science participative » à inventer ! Nous sommes tentés, dans le cadre de la mouvance « Projectique », de prendre notre part dans ce mouvement social d’invention d’une autre conception des connaissances et des apprentissages qui, de notre point de vue, va prospérer et renouveler à terme la pratique de la recherche en sciences humaines et sociales (et sans doute aussi dans bien d’autre domaines, avec une généralisation de l’hybridation des compétences et des savoirs). Une production et un partage des connaissances qui se fonde systématiquement sur la production de lien social entre les artisans de ces productions, des pratiques productrices (et consommatrices) de réseaux, d’écosystèmes et de communautés… Pas seulement des communautés numériques… Des communautés qui génèrent du vrai lien social sur des vrais territoires entre les acteurs de ces process de production / consommation et qui sont donc en général « situés » dans des entreprises / organisations, sur des territoires qui, d’une façon ou d’une autre, prennent des initiatives et entreprennent. Des process qui produisent de « vrais » résultats à lier à la vie sociale et à évaluer selon des critères à réfléchir (au cas par cas), qui ne soient des critères « endogamiques » où les chercheurs font la question, la réponse et la question suivante…  Nous souhaitons faire partie des pionniers de ce renouvellement.
Ces considérations générales sont un peu notre « crédo » en matière de positionnement dans notre façon de concevoir la recherche et nos centrages thématiques.
Nous déclinerons nos activités dans cette édition de l’automne 2017 à Bidart sur trois grands domaines, en nous organisant en trois ateliers (un par thème), ateliers qui seront suivis d’une mise en commun des travaux, après avoir échangé une demi-journée autour des idées de Pierre-Yves Gomez et de son récent travail magistral « l’Intelligence du Travail ». Ces trois domaines, sur lesquels nous vous suggérons de proposer des communications (2 / 3 pages : objectifs de la recherche [ou de la réflexion] proposée, méthode, résultats ou discussion) sont les suivants (cadrage non exclusif) :
L’entrepreneuriat :
•    Nouvelles formes d’entrepreneuriat et de pratiques entrepreneuriales, regards sur les pratiques entrepreneuriales et les prises d’initiative dans et avec toutes les formes d’organisation…
•    Lien avec l’invention d’un autre futur, par la régénération des tissus industriels et entrepreneuriaux, pour nos sociétés en crise.
•    …
Le management :
•    Nouvelles formes de management qui responsabilisent les collaborateurs, problèmes et opportunités posés par ces formes d’organisation aplatie.
•    Travail sur le lien entre ces formes de management et l’engagement effectif en termes de responsabilité sociale des organisations concernées.
•    …
Le territoire :
•    Pourquoi le territoire devient une maille de plus en plus communément admise pour envisager le développement social.
•    Comment s’y prendre pour générer de nouvelles formes de développement porteuses d’endogénéisation, d’autonomie et de soutenabilité territoriales.
•    Réflexions sur les dialogies spécialisation / autonomie pour les territoires
•    …
Chacun de ces domaines a évidemment vocation à être questionné par des approches qui lui sont transversales : par exemple, la santé, le social, la cohésion, la formation, la recherche, l’ESS, le numérique, la culture, les tiers-lieux…