Appel à communication

Appel à communication

 
La version téléchargeable de cet appel à communication est ICI.

Le Travail à l’épreuve de la complexité

En hommage à Jean-Michel Larrasquet…

Précurseur dans de nombreux domaines et un des pères fondateurs de Projectique, Jean-Michel Larrasquet s’en est allé cette année. Bon nombre d’entre nous se sentent aujourd’hui orphelins, ayant perdu leur maître à penser… alors quoi de plus naturel que de lui rendre un vibrant hommage à l’occasion de Projectique !

Fervent défenseur des théories de la complexité, dans le sillon du philosophe et sociologue Edgar Morin, Jean-Michel Larrasquet nous invitait dans la danse de la complexité.

Il nous encourageait ainsi à chausser les lunettes de la pensée complexe pour sortir de cette rationalité close, héritée de la logique classique, qui nous enferme et ne permet pas d’agir dans ce monde en perpétuel mouvement et empli de défis. En effet, nos modèles dominants de développement des trente dernières années (modèles libéraux puis néo-libéraux) ne sont plus adaptés. Ils nous conduisent même dans une impasse ! Il nous invitait à inventer autre chose et de façon urgente !

Comme il aimait à le répéter, réfléchir à demain demande certainement de recomposer nos outils sociocognitifs de compréhension et d’anticipation du monde et d’inventer des modes où nous réfléchissons à demain en essayant en même temps de commencer à le construire… Du moins de produire un bout du chemin sensé nous y conduire. Ces outils ne sont pas tous aujourd’hui « sur étagère », loin s’en faut ! Il faut les forger… C’est une partie de la tâche que ‘Projectique’ se propose de prendre en charge.

Pour cela depuis plus de 20 ans, Jean-Michel nous a encouragé à mettre au centre de nos approches la pensée complexe, entendue comme l’humilité nécessaire devant la complexité du monde. Il avait la conviction que nous ne pourrons progresser sur ce chemin qu’en avançant dans une dialogie constante entre action et réflexion. Il mettait également en avant la nécessité de forger et de partager des outils sociocognitifs nouveaux pour avancer dans notre compréhension du monde, de ses dynamiques et de ce que nous pouvons y faire d’intelligent (« l’intelligence collective ! ») pour le laisser dans un état vivable aux générations futures. Il entendait également la pensée complexe comme la conscience du statut épistémologique des connaissances que nous forgeons, qui sont toujours entachées de nos cadres épistémologiques, de nos convictions, de nos façons d’envisager les choses et de nos façons d’agir collectivement. C’est inévitable ! Il soulignait ainsi l’importance d’en avoir au moins conscience et d’être continuellement prêts à remettre en question les choses que nous faisons et la façon dont nous pensons. Plus largement, cela nécessite de nous interroger sur notre travail en tant que chercheurs, ce que nous produisons par nos recherches, comment nous le produisons et pour quoi faire, avec quelles conséquences…

Poussant la réflexion plus avant, à bien y regarder, beaucoup de nos recherches, puisque centrées sur l’action, impactent le travail de quelqu’un ou pourraient l’impacter… Mais alors, quelle place accordons-nous au travail ? Avons-nous conscience de la place qu’occupe le travail ? …

 

A n’en pas douter, Projectique aura une coloration toute particulière et singulière cette année… Aussi, en hommage au travail considérable réalisé par Jean-Michel Larrasquet, le mot-clé de ce colloque sera le Travail…

Nicole Saliba-Chalhoub souligne l’évolution dans le temps de la relation que l’homme entretient avec le travail, Pierre-Yves Gomez postule quant à lui que la réflexion économique ne devrait commencer commencer que là où commence ce qu’on considère comme « la vraie vie », afin d’éviter ce qui s’est passé ces dernières années. En effet, toutes les parties prenantes de l’entreprise, les économistes, les financiers ont perdu de vue la réalité du travail, ce travail matériel, « avec sa sueur et ses satisfactions », parce qu’il a été traduit en données quantifiables pour « une économie chiffrable du profit au service de la rente ». La réalité du travail a alors été traduite en chiffres pour en faciliter le pilotage à distance par les décideurs. Les grandes organisations sont devenues des « mécaniques abstraites » et le travail humain est devenu invisible.

Nous avons perdu le sens de ce que nous sommes et de ce que nous faisons… Qu’en est-il de l’intelligence du travail ?

Comment introduisons-nous la réalité du travail dans ce que nous faisons ? Dans nos recherches ? Pour nous mais aussi pour les personnes impactées par nos recherches ?

Nous déclinerons nos activités dans cette édition de l’automne 2018 à Bidart sur quatre grands domaines, en nous organisant en ateliers.

Nous vous suggérons de proposer des communications pour le 12 juillet 2018 (2 / 3 pages : objectifs de la recherche [ou de la réflexion] proposée, méthode, résultats ou discussion, bibliographie).
Soumission de vos propositions de communication sur ce LIEN

Ces communications donneront lieu à une notification d’évaluation le 19 juillet 2018.

Les quatre domaines sont les suivants (cadrage non exclusif) :

L’entrepreneuriat :
• Nouvelles formes d’entrepreneuriat et de pratiques entrepreneuriales, regards sur les pratiques entrepreneuriales et les prises d’initiative dans et avec toutes les formes d’organisation…
• Lien avec l’invention d’un autre futur, par la régénération des tissus industriels et entrepreneuriaux, pour nos sociétés en crise.
• …
Le management :
• Nouvelles formes de management qui responsabilisent les collaborateurs, problèmes et opportunités posés par ces formes d’organisation aplatie.
• Travail sur le lien entre ces formes de management et l’engagement effectif en termes de responsabilité sociale des organisations concernées.
• …
Le territoire :
• Pourquoi le territoire devient une maille de plus en plus communément admise pour envisager le développement social ?
• Comment s’y prendre pour générer de nouvelles formes de développement porteuses d’endogénéisation, d’autonomie et de soutenabilité territoriales ?
• Réflexions sur les dialogies spécialisation / autonomie pour les territoires
• …

Quelles pratiques de recherche pour l’étude des systèmes complexes ?

  • Quels sont les enjeux en recherche liés à la complexification des systèmes cyber-physiques, des systèmes virtualisés, des interfaces socio-techniques, de l’intégration homme-système… appliqués aux smartgrids, smart cities, à l’entreprise du futur… ?
  • Quelles pratiques pour cette recherche ? Pour quelles finalités ? Avec quels outils ? Comment les faire évoluer ? Quelle reconnaissance ? Quels modes d’évaluation ? Quelles carrières ?
  • Comment mener une recherche collaborative pour concevoir et maîtriser des systèmes technologiques au service des humains ?
  • Dans quels cas faut-il être pluri-, multi-, inter-, trans-disciplinaire ? Comment favoriser la fertilisation croisée ?La langue officielle de cet atelier sera a priori la langue anglaise.

Les apports épistémologiques, théoriques et/ou méthodologiques sont également les bienvenus.

Parmi les communications présentées lors des Journées de Projectique, certaines seront sélectionnées par le comité scientifique et feront l’objet d’un accompagnement éditorial en vue d’une publication pour certaines dans la Revue PROJECTIQUE et pour d’autres dans la revue IJIDEM dans un ouvrage collectif.

Les contributeurs seront alors invités à envoyer une communication présentant en environ 10 pages le contexte de la recherche, la problématique, le positionnement théorique et/ou méthodologique, les résultats obtenus ou attendus, l’apport scientifique et managérial de la recherche proposée.

Présidente du Comité Scientifique
Véronique PILNIERE, ESTIA, France

Comité Scientifique par ordre alphabétique
Saioa Arando Lasagabaster, Mik, Univ. Mondragon, Euskadi, Espagne
Philippe Boigey, Université Catholique de Lille, France
Jean-Baptiste Capgras, IFROSS Université de Lyon 3, France
Jean-Pierre Claveranne, IFROSS Université Lyon 3, France
Nicholas Coutts, UK
Nicolas Guilhot, IFROSS Université Lyon 3, France
Estibaliz Hernandez, Mik, University of Mondragon, Euskadi, Espagne
Julien Husson, Université de Lorraine, France
Iban Lizarralde, ESTIA, France
Pierre Marin, IAE Pau-Bayonne/UPPA, France
Christophe Merlo, ESTIA, France
Christophe Pascal, IFROSS Lyon 3, France
Mohammed Saad, Bristol Business School, UK
Nicole Saliba-Chalhoub, Université Saint-Esprit de Kaslik, Liban
Christophe Schmitt, Université de Lorraine, France

Dates utiles
12 juillet 2018 : date limite pour le dépôt de la communication sur http://projectics.estia.fr/soumission/
19 juillet 2018 : Envoi de la Notification d’évaluation
27-28 septembre 2018 : Journées de projectique avec présentation des communications acceptées
A l’issue des Journées de Projectique, sélection de certaines communications pour écriture d’un article scientifique en vue d’une publication dans la Revue PROJECTIQUE ou dans  la revue IJIDEM dans un ouvrage collectif.

Responsable Comité d’Organisation : Mikele Larronde – m.larronde@estia.fr